La faculté est comme le roseau : elle plie, mais elle ne rompt pas.
Les événements douloureux que traverse notre pays ont eu des répercussions profondes sur la vie de notre institution. À ce jour, la rue Oswald Durand demeure le théâtre d’affrontements entre la police et des bandes armées, rendant incertain tout retour dans nos locaux historiques.
Pourtant, dans l’adversité, notre communauté universitaire a fait preuve d’une résilience remarquable. Comme l’écrivait Jacques Roumain :
« La misère peut briser l’homme, mais elle ne peut briser l’espérance. »
Au crépuscule du mandat de ce décanat, nous pleurons certes les pertes et les difficultés accumulées au fil de ces années troublées. Mais nous devons aussi reconnaître, avec lucidité et gratitude, les nombreux efforts déployés afin de maintenir la Faculté de Médecine et de Pharmacie vivante et active.
Maintenir la mission académique malgré la crise
Dans l’urgence, il a fallu trouver un local provisoire pour permettre la continuité des activités.
Maintenir un calendrier académique fonctionnel dans de telles conditions relève d’une véritable prouesse et témoigne de la détermination de notre communauté : professeurs, étudiants et personnel non enseignant.
Comme le rappelait Victor Hugo :
« Ceux qui vivent sont ceux qui luttent. »
Réformes et gouvernance institutionnelle
Plusieurs initiatives importantes ont été menées afin de renforcer le fonctionnement de l’institution :
une réforme administrative dont les résultats sont aujourd’hui visibles ;
une meilleure gestion du personnel non enseignant, avec la fin des contractuels, l’introduction d’uniformes et l’organisation de la fête des employés ;
un engagement accru envers la transparence, soutenu par une équipe de communication dynamique.
Le Newsletter de la Faculté, publié régulièrement chaque trimestre, constitue désormais un outil essentiel d’information et de cohésion pour notre communauté. Son comité éditorial mérite d’être salué pour sa constance et son engagement.
Par ailleurs, plusieurs comités institutionnels poursuivent un travail essentiel :
le comité d’accréditation,
le comité du Newsletter,
le comité des règlements.
Valorisation du corps professoral et soutien à l’enseignement
L’institution s’est également attachée à reconnaître l’engagement de ses enseignants :
nominations et primes accordées aux professeurs méritants ;
distribution de kits Starlink aux professeurs à temps plein afin de faciliter l’enseignement et la communication académique.
Dans le même esprit, les efforts du LABMES ont permis d’accélérer le rythme des soutenances de thèses, contribuant à maintenir la dynamique de formation.
Relance de la formation et amélioration des infrastructures
Malgré les contraintes, plusieurs avancées significatives ont été réalisées :
relance des activités du troisième cycle ;
reprise en main de la résidence hospitalière ;
mise en place d’une salle multimédia entièrement opérationnelle.
Un travail patient de sauvetage et de réorganisation des archives a également été entrepris, permettant progressivement de réduire les délais de délivrance des diplômes.
Soutien à la vie étudiante
La faculté demeure avant tout une communauté humaine. Dans cette perspective :
des tablettes et cartes SIM ont été distribuées aux étudiants pour soutenir leurs études ;
une fête d’intégration a été organisée pour accueillir les nouveaux admis ;
un soutien constant est apporté aux activités de la vie estudiantine.
Une attention particulière a également été portée aux internes du Cap-Haïtien, avec la location d’une résidence et un appui à leur alimentation.
Comme l’écrivait Aimé Césaire :
« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. »
Notre devoir, à la Faculté de Médecine et de Pharmacie, est précisément de refuser la décadence et de poursuivre la construction du savoir, même au cœur des épreuves.
Un mandat placé sous le signe de la persévérance
Tout ce travail collectif démontre que le choix que vous avez fait d’élire ce décanat à la tête de la faculté n’a pas été vain, et que le renouvellement de votre confiance s’inscrit dans la continuité de cette volonté de servir l’institution.
Dans les moments les plus difficiles, une université doit rester un phare.
Et comme l’affirmait encore Victor Hugo :
« L’avenir a plusieurs noms : pour les faibles il est l’impossible, pour les timides il est l’inconnu, pour les vaillants il est l’idéal. »
À la Faculté de Médecine et de Pharmacie, nous choisissons résolument l’idéal : celui de la connaissance, du service et de la formation des générations futures.
Dr Bernard PIERRE
Doyen de la Faculté de Médecine et de Pharmacie / École de Biologie Médicale et d’Optométrie
Université d’État d’Haïti.

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